Le Japon et les États-Unis ont convenu, le 28 octobre 2026, de créer au Japon une installation d'assemblage final et d'inspection pour le missile air-air de moyenne portée AMRAAM, selon le compte rendu du ministère japonais de la Défense.
L'accord a été conclu lors de discussions entre Shinjiro Koizumi et son homologue américain Pete Hegseth à Cebu, aux Philippines, puis annoncé le soir même par Koizumi, selon la transcription de sa conférence de presse; les médias internationaux l'ont relayé autour du 29 octobre.
Un accord d'assemblage encore peu détaillé
Le ministère japonais décrit une installation de type FACO, chargée de l'assemblage final et des vérifications; son compte rendu ne nomme aucune commune ni aucun exploitant et ne précise ni début des travaux, ni lancement de production, ni montant contractuel, ni cadence annuelle.
Koizumi a présenté l'AMRAAM comme important pour le F-35 et l'accord comme un soutien à l'approvisionnement des deux pays et à l'industrie japonaise, selon la transcription; il n'a annoncé ni variante particulière du missile ni date de première livraison.
Air & Space Forces Magazine rapporte que le résumé du Pentagone saluait les efforts industriels japonais et la coordination sur les munitions essentielles sans mentionner l'usine AMRAAM; les communications publiques n'établissent ni qu'une usine est en construction ni qu'un contrat de production a été signé.
Une coopération industrielle déjà engagée
La déclaration bilatérale de juillet 2024 appelait déjà à développer la coproduction d'AMRAAM et de Patriot PAC-3 MSE, notamment en travaillant sur les transferts technologiques, quantités, calendriers et financements; l'annonce actuelle prolonge donc un chantier de coopération antérieur.
Un communiqué du forum DICAS d'octobre 2024, consacré à la coopération industrielle, aux acquisitions et au soutien, prévoyait une étude de faisabilité sur les activités de production AMRAAM envisageables au Japon et leurs délais, distinguant ainsi les études industrielles d'une chaîne déjà opérationnelle.
Lors de la dernière réunion, le ministère japonais a également annoncé un accord sur le partage d'informations techniques destiné à accroître la production du SM-3 Block IIA, dans le cadre d'Operation Supercharge; cette mesure distincte ne signifie pas que le futur site AMRAAM produira aussi des SM-3.
Les exportations restent soumises à des règles distinctes
L'explication gouvernementale des règles révisées en avril 2026 autorise en principe les transferts à l'étranger d'équipements militaires finis, tout en maintenant l'examen individuel et le contrôle de leur utilisation finale; présenter le Japon comme conservant une interdiction générale inchangée serait donc inexact.
Le document gouvernemental limite les transferts d'armes aux partenaires disposant d'accords pertinents, exclut en principe les pays où des combats ont lieu et exige l'accord japonais pour les retransferts; autoriser une usine ne revient pas à approuver toutes ses destinations d'exportation possibles.
Le compte rendu du 28 octobre établit donc un accord ministériel sur une capacité d'assemblage et d'inspection AMRAAM au Japon, mais ne répartit pas la production entre clients et ne détaille ni financement ni calendrier d'exploitation; ces absences limitent les conclusions possibles sur sa mise en œuvre.